• SENSEÏ TAIJI KASE "LE TANK"

    Sensei Taiji Kase

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    "L'important est de progresser,
    chacun à son rythme,
    par rapport à soi
    et non pas par rapport aux autres.
    Nous savons
    que rien n'est acquis définitivement
    et qu'il convient de ne jamais perdre
    ni humilité ni patience."

    Sensei Taiji Kase

     Extraits de la revue Karate Bushido, juillet/août 1995, Christain COURTONNE

     

    Sensei Taiji KASE, 9e dan, l’héritier de FUNAKOSHI Sensei (Extraits de la revue Karate Bushido, juillet/août 1995, Christain COURTONNE) Si une face du Karaté est aujourd’hui surexploitée, une autre, plus profonde car issue du Karaté traditionnel enseigné par Maître Funakoshi, plus réaliste et plus pure, évolue, s’enrichit au sein grâce à un maître qui force le respect de tous et qui est un trésor vivant du Karaté. Il s’agit de Maître Kase, ceinture noire 9e Dan de Karaté, qui inscrit en Europe, en ce moment, son action dans la légende du Karaté. Né au Japon en 1929, il y étudie tout d’abord le Judo et l’Aïkido. Il connaît ses premiers entraînements de Karaté dans la marine, dans des conditions très violentes, et s’entraîne ensuite dans le dojo de Yoshitaka Funakoshi, le fils de Gishin Funakoshi, grand maître qui a su intégrer le Karaté dans le Japon moderne, tout comme Maître Nakayama a su le diffuser dans le monde entier. Cette formation première a forgé son style. Maître Kase fait passer le message originel que lui a transmis Gishin Funakoshi lorsqu’il visitait le dojo de son fils, et l’enrichit aujourd’hui, après avoir été l’un des acteurs actifs du prosélytisme de <st1:personname productid="la Japan Karate" w:st="on">la Japan Karate</st1:personname> Association. Nous retrouvons quelques années plus tard Maître Kase, combattant hors-pair, à l’université de Taikushoku où il dirige les cours combat de <st1:personname productid="la J.K" w:st="on">la J.K</st1:personname>.A. Il a dans ses rangs des élèves qui s ‘appellent Enoeda, Shirai et Ochi. Ceux qui ont pu recueillir les confidences de ces maîtres le savent : les entraînements étaient très très durs. En effet Maître Kase, dans un milieu où l’on peut parfois faire illusion, a toujours dominé physiquement ses interlocuteurs durant des entraînements sans concession. N’oublions pas que dans les années 60, c’est lui, avec Maître Nishiyama, qui était chargé de relever les défis ! Comme les plus grands maîtres japonais au milieu des années 60, tel Maître Kanazawa par exemple, il est chargé de la divulgation de cette discipline à travers le monde et visite l’Afrique du Sud, les Etats-Unis et l’Europe. C’est sur l’initiative de Maître Plée, ainsi que nous le révèle Jean-Pierre Bergheaud (président du Comité Départemental du Val-de-Marne et historien du Karaté français), qu’il arrive un jour de l’année 1967 à <st1:personname productid="la Gare" w:st="on">la Gare</st1:personname> de Lyon à Paris. Trois personnes l’accueillent : Henry Plée, un ami italien et Jean Pierre Lavorato, son élève le plus ancien qui est sans conteste en France le chef de file de ce courant du Karaté. Dès son arrivée, fidèle à son instinct de guerrier, qui ne s’est jamais atténué, il se confronte aux champions des différentes méthodes de combat. Le résultat est sans appel. Suivent cinq années d’entraînement historiques, dans le dojo du 34 rue de <st1:personname productid="la Montagne Sainte" w:st="on">la Montagne Sainte</st1:personname> Geneviève, creuset du Karaté. En 1972, il enseigne au centre Daviel à Paris, dans le 13e arrondissement. Puis il ouvre en 1973 le dojo de la rue Daguerre. Trois années d’enseignement exceptionnel ont lieu dans cette salle du 14e arrondissement. Il s’agit d’un vrai dojo, consacré uniquement au Karaté, ouvert de 9 heures du matin à 10 heures du soir. Les cours se succèdent, de l’entraînement de ses assistants et de son équipe le matin au cours des débutants dispensé par ses fidèles, en passant par ses entraînements libres, le travail au sac, au makiwara. Les Maîtres Nakayama, Enoeda, Ochi, Shirai, Oshima et bien d’autres, ont visité ce lieu. En 1976, Maître Kase prend ses distances avec toute organisation après avoir conduit sa sélection à la 3e place aux Championnats d’Europe Shotokan IAKF. Ce retrait lui a permis d’approfondir sa recherche personnelle, de s’épanouir totalement et de transmettre, uniquement à l’occasion de stages, ce message unique dans le Karaté mondial. Le karaté total, selon Sensei KASE. L’art du combat ne peut être exercé que par un pratiquant qui s’investit totalement dans sa passion. L’entraînement est bien sûr physique, mais sans un travail mental d’égale importance, le sujet n’est qu’effleuré. Cette idée est aujourd’hui tellement présente qu’elle en est usée. Dans l’enseignement de Maître Kase, elle est réellement mise en œuvre. Un exercice que le maître demandait de réaliser à l’époque où son groupe avait atteint le niveau troisième dan, était le suivant : dans les circonstances les plus anodines, dans le métro, devant un verre, annoncer une attaque à un ami (pratiquant bien évidemment). Celui-ci doit répondre instantanément, oralement, le blocage correspondant. Cet exercice, apparemment anodin, voire anecdotique, est en fait une première étape vers la fusion du corps et de l’esprit, obligeant à un état de veille permanent. Les entraîneurs sportifs modernes appellent cet exercice l’entraînement virtuel. Maître Kase l’a montré en France il y a un quart de siècle. La fusion du corps et de l’esprit se fait aussi par la répétition des mouvements, les séries. Pas de discours sur l’utilité de ce travail, pas d’interrogation. Le maître montre le mouvement exact et il faut faire des séries, sans réfléchir, en faisant le vide. Le geste devient ainsi instinctif après quelques années. Une série, c’est par exemple 1000 mae-geri, 30 fois le kata Kankudaï sans aucun arrêt, etc. Pour pratiquer ces techniques d’une violence extrême, un préalable est nécessaire. <o:p></o:p>

    C’est le travail de l’intégrité du corps. Tous les gestes sont orientés vers cet objectif. Ainsi en est-il de la tenue du dos. Il suffit de voir le maître pour le comprendre. Le port est parfait, tout comme il doit l’être en Kendo. Préserver l’intégrité du corps La position Fudo-Dachi permet de travailler en toute confiance et avec toute la vitesse nécessaire pour préserver la colonne lombaire, ce que ne permet pas Zen-Kutsu-Dashi. Le travail des membres inférieurs doit aussi être examiné. Ainsi, dans toutes les techniques, il convient de réfléchir à la tenue de la jambe d’appui par des contractions statiques pour préserver le genou. Nous allons voir au cours des trois étapes de l’évolution du Karatéka que tous ces principes sont appliqués. Première étape Cette étape dure entre 10 et 15 ans. Toutes les techniques de base doivent être apprises, assimilées, répétées. Vous les connaissez grâce à votre professeur. La formation du corps est codifiée. Elle se fait autour des 21 katas Shotokan. Maître Kase transmet ceux qu’il a étudiés avec Yoshitaka Funakoshi. Sa fidélité lui a fait rejeter les modifications apportées par Maître Nakayama. Le blocage Age-Uke, par exemple, est différent. Il s’arme à la hanche opposée. Le Karaté originel est présenté dans ses ouvrages publiés à <st1:personname productid="la Sedirep. C" w:st="on">la Sedirep. C</st1:personname>’est une référence incontournable si l’on souhaite s’exprimer sur les katas authentiques. Le travail Hikite est aussi parfaitement codifié, le coude étant en arrière, le poignet en supination, le poing fermé, le dos contracté. Nous verrons que celui-ci est modifié dans la deuxième phase de la formation. Deuxième étape : le travail en Fudo-Dashi Le Fudo-Dashi est la position originelle. Les déplacements se font en Fudo-Dashi, assurant ainsi des appuis au sol parfait. Cette maîtrise des appuis à tout moment est nécessaire, car la puissance vient de la terre. Après quinze années de pratique, la base est réalisée. Il progressera en se déstructurant. Ainsi le travail Hikite se diversifie, il peut se faire à n’importe quel niveau, en armant toute technique. Le corps entier, chaque mouvement peut être une attaque déterminante. Le travail oi-tsuki se fait aussi en ura-tsuki, tate-tsuki. L’enchaînement blocage/contre-attaque peut se faire du même bras. Toutes ces techniques qui s’enrichissent d’un travail mains ouvertes renouent avec le Karaté originel, avec des gestes proches de la pratique du sabre qui passionne Maître Kase et avec les instincts de ses ancêtres samouraïs. Troisième étape : le Sen No Sen Cela correspond à la fusion du mental avec celui de l’adversaire pour le dominer. Encore une fois, il ne s’agit pas là d’un verbiage. La pensée domine l’adversaire, c’est une réalité. Maître Kase l’exerce et n’exclut d’ailleurs pas les explications philosophiques telles la puissance de la terre, l’homme relié au ciel. C’est un domaine dans lequel il se livre peu. La recette pour atteindre l’harmonie du corps et de l’esprit puis de l’être, dans les éléments naturels, est une démarche très personnelle. Maître Kase est un homme de son temps, homme de relations publiques très apprécié dans de nombreux milieux. Comment ne pas admirer cet expert qui a réussi la synthèse des principaux paradoxes de l’être humain : la violence et la sérénité, la destruction et l’intégrité, le passé et le futur, la guerre et la cellule familiale. Enfin, la simple vision des gardes spectaculaires de Maître Kase, synthèse d’une pratique glorieuse de près de 50 ans, avec les disciplines ancestrales des samouraïs, permet d’affirmer cette vérité : le Karaté est un art. Maître Kase et le combat Maître Kase a entraîné en combat, à l’université Takushoku des célèbres champion du Japon, Maître Enoeda et Maître Shirai mais aussi Maître Ochi et bien d’autres, à une époque où la compétition combat n’était pas ce que certains appellent aujourd’hui ce jeu de touche pied-poing. En France, il a entraîné Jean-Pierre Lavorato dès 1967 et l’a préparé à sa victoire aux Championnats de France de 1968 face à Dominique Valéra. Maître Kase maîtrise le sujet. Son idée est que, dans le travail préparatoire, il convient de ne pas brûler les étapes. Le travail Sanbon Kumite (3 attaques), Kihon ippon Kumite, Jiu ippon Kumite est étudié et répété durant des années. Cela ne sert à rien de combattre si le corps n’est pas formé, les techniques pures, la distance programmée, le timing exact. Ensuite le combat libre (Jiu Kumite) peut intervenir. Là encore, Maître Kase a montré en France il y a 25 ans toutes les ficelles, le travail pied-poing, le désaxage, le travail en contre et la prise de point d’appui sur l’adversaire. Nombreux sont ceux qui sont allés faire fructifier ce savoir sur les tatamis, que ce soit en combat ou en technique. Certains en sont revenus. Maître Kase observe avec beaucoup d’humanisme, de sérénité et de curiosité ces comportements diversifiés sans jamais juger. Il montre et progresse, telle est sa voie. Il apprécie d’ailleurs les champions et a toujours accueilli avec satisfaction tous ceux qui se sont présentés à ses stages, certains par mode, d’autres, par conviction profonde.<o:p></o:p>

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    Sensei Taiji Kase

    est decede le  24/11/2004

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    Article réalisé par Steve Cattle pour le magasine "Karaté Traditionnel" en 1988 <o:p></o:p>

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    «Né en février 1929, c'est en 1944 que Taiji Kase a débuté le karaté au dojo Shotokan quand il était dirigé par Gichin et Yoshitaka Funakoshi. <o:p></o:p>

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    "J'ai commencé le karaté en 1944 en février au dojo Shotokan. C'était le dojo central pour le karaté à cette époque là. Les professeurs étaient alors Gichin Sensei et Yoshitaka Funakoshi Sensei. En fait Gichin s'était déjà retiré et Maître Yoshitaka faisait la majeure partie de l'enseignement. Le nom "Shoto" était la signature de Gichin Sensei qui visitait le dojo fréquemment et avait légué la direction technique à son fils Yoshitaka. L'enseignement été assuré par Yoshitaka ou par ses assistants : Hironishi et Egami. Cela se passait pendant la guerre. Je m’entraînais environ trois jours par semaine, nous répétions le kihon tel que nous le connaissons aujourd’hui : Sanbon Kumite, Oi tsuki, Mae geri, Yoko geri... Toutes les techniques de base ! <o:p></o:p>

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    Nous pratiquions également les kata. Le karaté était pratiqué uniquement pour le combat réel, il n’y avait pas de pensée compétitive. <o:p></o:p>

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    En 1944 pendant la guerre quand je m’entraînais au Dojo Shotokan, les noms officiels des katas étaient écrits sur les murs. J'ai souvent regardé la liste de ces katas et je me rappelle encore d’un bon nombre d'entre eux. <o:p></o:p>

    Il y avait le Ten No Kata, Chi No Kata, Shi No Kata, Taikyoko Shodan, Nidan, Sandan, Heian Shodan – Godan, Tekki Shodan – Sandan, Bassai Dai, Bassai Sho. A l’époque je n’étais qu’un débutant et je ne connaissais pas tous ces katas. J'avais l'habitude de demander à mes seniors ce qu'étaient ces katas. Nous avions naturellement, des documents et des livres de l’époque. Le plus célèbre est "karaté Do Nyumon" qui est attribué à Maître Gichin Funakoshi mais lequel a réellement été écrit par son fils Yoshitaka. Il a été écrit en 1943. Ce livre présentait les noms officiels de kata tels que Nijishiho, Shokyo, Shoto et Hotaku. Là où nous avons maintenant Nijishiho, le nom d’origine était probablement Hakko et pour Futaku c’est Gojushiho. <o:p></o:p>

    Après la guerre et la mort de maître Yoshitaka, de retour de Chine et d'autres régions d'Asie, les instructeurs que Sensei Gichin avait formés discutèrent comment développer le karaté. Mais ils ne se rendaient pas compte des changements qui étaient intervenus en leur absence. Maître Yoshitaka avait complètement changé le karaté, toujours sous l'approbation de son père. <o:p></o:p>

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    Yoshitaka a développé la force intérieure de son corps, il été convaincu que développer de grandes techniques permettraient aux muscles d’une partie du corps d’aider les muscles des autres parties. C’est pourquoi les mouvements de base du Shotokan sont larges. Les positions très basses. Souvent ces techniques semblent inutiles. Réellement, ce n’est qu’après dix ou vingt ans de pratique qu'elles deviennent utiles. C'est un concept très profond. Après de nombreuses années de pratique forte et dure nous pouvons faire beaucoup de choses. Nous pouvons nous déplacer n'importe où avec l'équilibre et la stabilité. Sans cette formation, je ne pense pas qu’il soit possible d'avoir la puissance et l'équilibre pour être efficace. C’est ce que le maître Yoshitaka a recherché. »

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    «Taiji Kase, la Marque d'un Maître»

    «Né au Japon le 9 février 1929, le Sensei Kase (9ème Dan) est aujourd'hui l'un des rares Maîtres qui, à l'âge de 71 ans, soit toujours en pleine activité. Marié, avec deux filles, il a consacré une grande partie de sa vie à la pratique et à l'enseignement du Karaté-dô. Malgré le fait qu'il fut le 31 mai 1999, victime d'in infarctus dont il dut être réanimé à l'aide d'électrochocs, cela ne l'a pas empêché, après 20 jours de récupération à l'Hôpital Américain de Paris, de continuer sa mission d'élever le Karaté au plus haut niveau, permettant ainsi aux karatékas du monde entier d'accéder aux aspects les plus profonds de cet art beau et passionnant.

    Taiji Kase pratiquait déjà le Judo, à l'âge de 6 ans. Il en obtint le deuxième Dan en 1944. Au cours de cette même année, il commença à pratiquer le Karaté-dô. Il tomba par hasard dans une libraire sur le livre “Karate-dô Kyohan” du Sensei Gichin Funakoshi (1868-1957), le feuilleta et en fut très impressionné car il connaissait déjà le Judo, le Kendô et l'Aïkido mais pas le Karate-dô. Il s'en alla alors faire la connaissance de Gichin Funakoshi qui, après s'être assuré des intentions du jeune Kase, l'accepta comme élève au Shotokan-Dojo. A cette époque, Taiji Kase avait 15 ans. Il raconte qu'alors, en 1944, les personnes qui possédaient une Katana, un pistolet ou qui pratiquaient le Karaté devait le signaler à la police car on le considérait comme une arme, à la différence d'autres arts martiaux.

    A cette époque, il pratiquait simultanément le Judo et le Karaté. Il allait obtenir le 3ème Dan de Judo quand il dut en arrêter la pratique car le Karaté-dô l'absorbait complètement. En outre, nous raconte-t-il avec un sourire, parfois dans les randoris (combat) de Judô, des techniques de Karaté-dô apparaissaient et il empêchait ses adversaires de travailler… Il pratiqua également un peu d'Aïkido et en vint même à connaître personnellement Morihei Ueshiba, le fondateur de cet art et Noriaki Inoue, Maître d'Aïkido de Shigeru Egami. Tous les deux, nous commente-t-il, étaient des Maîtres d'un niveau incroyable. Par ailleurs, le Maître Kase ne reçut pas seulement des classes de Gichin Funakoshi mais également d'autres Maîtres et instructeurs comme nous le verrons au cours de l'interview.

    Fin mars 1945, âgé de 16 ans seulement, il s'enrôla à l'Armada (Navy), plus concrètement dans le corps spécial des Kamikazes. Cependant, la guerre se termina en août de cette même année, ce qui lui permet d'être encore parmi nous aujourd'hui. Il commente souvent qu'étant donné qu'il aurait pu mourir à la guerre et qu'il était toujours vivant, il n'avait jamais aucune raison d'être triste. Et il en est ainsi, on le voit toujours avec un sourire très spécial ou dans une attitude intérieure très particulière.

    Du point de vue des études, il se diplôma en sciences économiques de l'Université de Senshu en mars 1951. Il commente de bonne humeur que parfois, du fait des entraînements, il n'avait pas le temps d'étudier ses examens mais qu'il solutionnait le problème en signant ceux–ci en tant que capitaine de Karaté de l'Université, ce qui lui donnait de bons résultats.

    Quand la guerre prit fin, le Dojo Shotokan avait été détruit dans les bombardements, Yoshitaka Funakoshi (1906-1945), était mort de gangrène pulmonaire ou quelque chose du genre, et les anciens élèves qui avait survécus à la guerre se trouvaient éparpillés dans tout le Japon. Le Maître Kase ne trouva pas de Dojo où pratiquer, il se remit donc à la pratique du Judô jusqu'au jour où Gichin Funakoshi réunit à nouveau le groupe du Shotokan.

    En 1946, il obtint le Shodan (1er Dan) de Karate-dô et en 1949, étant capitaine de l'Université de Senshu, il obtint le Sandan (3ème Dan). Au cours de ce même examen, obtinrent également le 3ème Dan: le capitaine de l'Université de Chuo (Takagi) et de Takushoku (Shimamura). Le Maître Shimamura était Sempai (senior) du fameux Maître Nishiyama, qui obtint le Sandan plus ou moins un an après Taiji Kase, Takagi et Shimamura.

    Le Maître Kase s'unit à la J.K.A. (Japan Karate Association) afin de se consacrer professionnellement à l'enseignement, ce qu'il désirait. Il pratiqua cependant toujours un Karaté très particulier et bien qu'il fut instructeur chef de la J.K.A. en Europe, il resta toujours en contact avec les Maîtres de la N.K.S., le Nihon Karaté-dô Shotokai, malgré le fait que ces deux groupes, la J.K.A. (Kyokai) et le N.K.S. se séparèrent complètement à la mort du Maître Gichin Funakoshi du fait de différents désaccords. Il est tout à fait normal que le Maître Kase maintienne ce lien puisque l'un de ses principaux instructeurs fut Genshin Hironishi (1913-1999), Instructeur Chef du Dojo Shotokan et Président de la Shotokai du Japon après la mort d'Egami (1912-1981) et jusqu'à sa mort en décembre 1999. Une très grande amitié l'unit également à Jotaru Takagi, actuel Président de la N.K.S. Ils sont en effet tous les deux de la même génération et ont été partenaires d'entraînement. Il maintient également des contacts sporadiques au cours de ses voyages au Japon avec Okuyama Tadao dont il sera fait mention au cours de l'interview. Quand les gens disent qu'il n'a pas suivi les standards de la J.K.A, il répond simplement que son Karaté est le Shotokan Ryu Kase Ha, autrement dit, un Shotokan qui posséde son empreinte personnelle, des qualités qu'il a lui-même imprimées

    Au Japon, un de ses missions consistait à instruire les instructeurs de la J.K.A. au Kumité (combat). Il y avait parmi eux Enoeda, Ochi, Shirai et beaucoup d'autres. Signalons également une autre facette de lui, moins connue: c'était lui qui était responsable de faire face aux défis qui étaient lancés contre la J.K.A.

    Pendant l'après-guerre (1945-1952), alors que le Japon était sous contrôle de la police américaine, il eut de nombreuses altercations dont il sortit victorieux et en possession d'une grande expérience réelle du combat. Ce n'est pas là le véritable esprit du Budô, commente-t-il aujourd'hui, mais telles etaient les circonstances…

    En 1964, il quitta le Japon pour aller enseigner dans les pays et continents suivants. En 1964, il séjourna trois mois en Afrique du Sud. En 1965, il enseigna en Afrique du Sud avec les Maîtres Kanazawa, Enoeda et Shirai et réalisa également cette année-là une tournée de stages aux Etats-Unis et en Allemagne. D'octobre 1965 à mars 1966, il fit de même en Hollande et en Belgique. De mars à août 1967, il se rendit à Milan (Italie) pour y aider le Maître Shirai à s'établir. Il se rendit ensuite en France et s'installe définitivement à Paris. Pour ses débuts à Paris, il dut prouver sa valeur. Il combattit alors les champions et les experts de Karaté français de l'époque. Petit à petit, il démontra que le Karaté qu'il pratiquait était très supérieur et qu'il n'avait rien à voir avec ce que l'on connaissait alors comme tel. D'après Henri Plée, pionnier du Karaté français, quand on voyait Taiji Kase en action on l'admirait et on le respectait "car il allait directement à l'essentiel, la technique n'était pour lui qu'un moyen, ce qui importait, c'était le résultat".

    1986 est une autre date importante, c'est cette année que Taiji Kase décide de fermer son Dojo de Paris et de se consacrer exclusivement à enseigner son art dans le monde entier, ce qu'il fait aujourd'hui encore.

    En ce qui concerne les étapes de l'évolution du Karaté, il les divise pour sa part en 3 étapes: okinawaiienne, japonaise et de Yoshitaka. Et, bien que lui-même ne le dira jamais, ses élèves et les générations qui suivent ajouteront une étape de plus, celle de Sensei Taiji Kase...

    En ce qui concerne ses publications, il publia, dans les années quatre-vingt, deux livres qui contemplent les dix-huit Katas supérieurs et les cinq Heian avec les applications des principales séquences techniques de ces Katas. Ces livres ont été réédités plusieurs fois.

    En 1989, il fonda, avec Hiroshi Shirai, la WKSA — World Karate Shotokan Academy— dont il est le Président. Cette association a pour objectif principal la formation des ceintures noires et des professionnels de Karate-Dô Shotokan. Son plus grand intérêt est en effet que ceux-ci continuent de progresser de sorte que les générations futures puissent elles-mêmes progresser correctement et préserver ainsi le Karaté-dô tel qu'il le conçoit.

    Sensei Kase domine tout l'arsenal du Karaté, mais ses techniques de jambes étonnèrent particulièrement, ainsi par exemple les Ushiro Geri et Kaiten Geri qu'il créa, sans parler de ses techniques de main ouverte, de ses déplacements rapides et précis et des Kamaes, une autre de ses spécialités. Mais avant tout, ce qui a le plus plu de lui c'est son efficacité et sa manière de transmettre les aspects les plus subtils du Budô et du Karaté en particulier.

    Avec tout ce que je viens de raconter ici, il peut sembler que le Maître Kase ne soit qu'un guerrier, un Samouraï. Mais nous qui avons eu l'immense chance de le connaître, nous savons que tout en étant un Samouraï, il est également une personne très aimés, qui fait preuve d'une grande personnalité et d'une grande modestie, tout un exemple d'harmonie du corps et de l'esprit. Toute sa personne irradie cette harmonie, ce qui ne l'empêche pas d'être strict et énergique quand il le faut. En ce qui concerne sa vie quotidienne, il partage son temps entre sa famille, la pratique quotidienne (dans une pièce de sa maison) et la lecture de livres anciens de Budô, de poésie et de philosophie, entre autres.»































    http://www.ieks.com/KaseMaitre.htm


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